Sporz : Le loup-garou en mieux ?

Une fois n’est pas coutume, on teste un jeu ! Ce n’est pas une nouveauté, loin de là, mais Sporz m’a fait forte impression et après plusieurs parties de test, voici mon avis. 

Contexte :

J’ai eu la chance de découvrir ce jeu avec son auteur Raphael Donzel il y a quelques temps maintenant. Nous avons pu ainsi jouer deux parties, puis j’ai aussi testé Deal! un jeu au concept bien sympa dont je parlerai un peu plus tard.

Cependant, les éditions La Donzelle qui éditaient le jeu ont malheureusement mis la clé sous la porte, le jeu reste donc assez difficile à trouver.

J’ai mené une petite dizaine de parties, dans différents contextes et avec des nombres différent de joueurs, de 7 (le minimum) à 18 et à chaque fois, ce fut une surprise et super intéressant. Bref, passons au cœur du sujet.

Présentation :

Sporz nous plonge dans un monde où une infection, la Spore, a détruit l’humanité et les joueurs sont des astronautes envoyés dans l’espace comme des bouteilles à la mer, afin de trouver une hypothétique terre d’accueil. Or un jour, l’alarme se déclenche, les joueurs sont sortis de Cryostase : la spore a été détectée à bord… Ambiance huis-clos spatial, intrigues et mensonges de rigueur !

Sporz est proposé dans une jolie boite cylindrique, qui donne le ton sur le contenu. On trouve à l’intérieur un livre de règles, des feuilles de référence et … des pogs ? Sur ceux-ci sont inscrits des rôles et des photos.

SporzBox
Du beau matériel

Les règles sont claires et lisibles, les fiches aussi. Bref, sans en faire des tonnes, on a du matériel sympa. Tout cela annonce une première séance bientôt !

En terrain connu :

A la lecture des règles, quelque chose frappe, et ça sera une sortie de fil rouge pendant tout l’article mais aussi pendant vos parties : C’est comme le loup-garou de Thiercelieux …mais en même temps pas pareil du tout. Si vous ne connaissez pas ce jeu, c’est un grand classique des jeux qui se jouent en convention ou en festival, avec un grand nombre de joueurs.

Pour faire simple, le Loup-Garou se déroule en 2 phases : le Jour où tout le monde joue en même temps et la Nuit où chacun dort à son tour selon des rôles prédéfinis. En l’occurrence, des loup-garous vont « tuer » les villageois durant la Nuit, pendant que d’autres personnages auront aussi des actions à faire, et de jour, tout doit être fait pour retrouver et éliminer les loup-garous.

Sporz c’est donc pareil, mais en fait non. On y retrouve le cycle jour/nuit ainsi que des rôles. Pourtant bien des choses divergent et nous allons voir ça.

Une expérience différente :

Là où Sporz joue la différence, c’est qu’au lieu de se placer en jeu communautaire « statique », son approche est presque dans le format de la « soirée enquête ». En effet, lors des phases de jour, les joueurs ont le droit de se déplacer et d’interagir en secret les uns par rapport aux autres. Cela est renforcé par le fait que l’Ordinateur de bord (le MJ) doit veiller à ce qu’aucun groupe de plus de 3 ne se forme (sauf si le capitaine fait partie du groupe) pour éviter que la « spore » ne se répande. Cela encourage les complots et intrigues secrètes.

Mais aussi, autre subtilité qui permet intrigues et coups-fourrés, les votes se font à bulletin secret et non en public ! Cela permet de nouer des alliances, puis des les trahir et ça crée une nouvelle dynamique de jeu tout à fait intéressante.

C’est là que se fait, pour moi, toute l’originalité par rapport au Loup Garou.

Les rôles sont globalement proches de ceux du Loup-Garou, si ce n’est que certains sont vitaux. Par exemple, si les deux médecins meurent, la partie est terminée et les spores ont gagné, etc.

Ambiance et complots :

Lorsque je fais jouer Sporz, j’aime créer une ambiance, poser quelque chose d’un peu lourd façon Alien : le 8eme passage, voyez ? Car c’est là que le jeu prend toute son ampleur : lorsque les joueurs se prennent au jeu.

Les meilleures parties sont celles où justement, les joueurs, pris au jeu de l’enjeu,intriguent, complotent et trahissent. Car dans Sporz, la principale ressource est bien celle-là : l’information. Mentir et jouer avec les identités de chacun est le gage d’une bonne partie.

Sporz est donc une bonne surprise et un très bon jeu. Il est difficile comme ça d’évoquer la richesse et l’intérêt d’un jeu qui ne prend tout son sens qu’en étant joué. Je vous invite donc chaudement à tester ce jeu si vous le trouvez !

J’espère que cette « critique » vous aura plu, n’hésitez pas à me faire part de votre avis et à partager cet article !

Guillaume COEYMANS 

Transmédia, Crossmédia, Le jeu de plateau 2.0 ?

Trois semaines pour sortir mon article alors que je me fixais un rythme hebdomadaire … Plusieurs raisons : beaucoup de travail qui m’a ralenti et le succès de mon dernier article qui m’a un peu « effrayé ». Rajoutez à cela un thème pas évident à traiter et vous obtenez du retard. Dès aujourd’hui je reprends un rythme plus régulier ! 

L’idée de cet article m’est venue en constatant depuis peu que pas mal de jeux (plateau et JDR) étaient réédités en jeu vidéo, que ça soit une adaptation stricte des règles, ou un enrichissement du jeu. Si vous ne le savez pas encore, je suis passionné de Cross-média et Transmédia  (je vais y revenir) et je me suis donc demandé si il y avait une part de trans/cross média dans le jeu de société… Ci-suit donc le fruit de ma réflexion ! Bonne lecture 🙂 

Transmédia et Crossmédia ? Kessessé ?

Commençons par le début, Le Crossmédia :

Au début, était le Crossmédia (que l’on appelle aussi parfois le multimédia, terme qui ne désigne plus la même chose). C’est une stratégie marketing qui décline un univers, une marque, un concept sur plusieurs médias afin de créer une image cohérente et complète. Chaque itération sur chaque média est une représentation complète de l’univers qui l’inspire. Typiquement, on aura, une bande-annonce, une affiche et un spot radio par exemple. Chacun reprend tous les éléments constitutifs du produit et n’en augmentent pas l’univers.

C’est le principe de base de la plupart des campagnes de com’. De nos jours, personne ne fait « juste » de l’affichage ou du spot TV. D’autant plus que depuis la fin des années 90 (vous l’avez peut être aussi remarqué mais c’est subtil) est apparu un nouveau média, Internet (drôle de nom ?) et depuis quelques années, les réseaux sociaux. Ils ont radicalement changé la façon de communiquer son univers et son image, de part la création de communauté et l’interactivité qu’offre ce média.

Une transition toute trouvée pour :

Le Transmédia, héritier légitime du crossmédia :

Le Transmédia lui, est plutôt à caser dans ce que l’on appelle le storytelling. C‘est une forme de narration interactive ou chaque média de communication ajoute une pierre à l’édifice, à l’image que bâtit une marque. Chaque contenu est différent et permet de créer un tissu de médias, un canevas avec lequel l’utilisateur tisse l’histoire de la marque. C’est une excellent moyen d’impliquer l’utilisateur et de raconter de belles histoires (marketing certes, mais belles histoires quand même !). Par exemple, vous dégottez sur le net un site sympa dont le contenu vous plaît, puis l’univers de ce site apparaît à la TV ponctuellement et enfin à une application dédiée sur votre smartphone qui propose encore un contenu différent (Le Gorafi fais ça plutôt bien, entre son site et sa chronique au Grand Journal, la série Lost en était aussi un bon exemple !). Et je ne cite même pas Star Wars et son « univers étendu » ou encore Matrix !

La com’, le marketing, OK, mais quel rapport ?

L’imaginaire ludique, un nid d’initiatives trans/crossmédia

Et oui, depuis l’essor des cultures de l’imaginaire, on note une réelle volonté d’étendre les univers sur plusieurs médias. Des livres aux films, en passant par les séries ou jeux vidéos, tout est prétexte à aller de plus loin dans la création. Comme évoqué juste avant, Star wars est l’archétype de ce genre d’extensions. On compte des jeux vidéos, des jeux de figurine, des livres, des films bien entendu et même des séries animées. Ce qui est particulièrement intéressant dans ce cas, c’est que chaque média apporte une pierre à l’édifice pour concevoir ce que l’on appelle « l’univers étendu de Star Wars« .

L’autre univers que j’aime à citer comme bon exemple de Transmédia c’est l’univers Games Workshop (en particulier les licences Warhammer et Warhammer 40.000). A la base un simple Wargame (jeux de stratégie avec figurines), il s’est peu à peu étendu en jeux de plateaux, livres, jeux vidéos, JDR, etc… Encore une fois, chaque média participe à l’univers en général.

Cependant, ces cas restent l’exception, et la majorité des adaptations tiennent plus du cross média que du transmédia. Pensons par exemple au Seigneur des Anneaux. Globalement, les films sont des adaptations des œuvres de Tolkien et n’apportent pas de substance significative. De même, les jeux de plateaux et jeux vidéos ne permettent que de revivre des morceaux d’histoires. Ce n’est ni mal ni bien, c’est simplement une perspective différente. D’autant que l’œuvre de Tolkien est largement assez vaste pour fournir du contenu à tout un tas de supports.

Si vous regardez bien, la plupart des adaptations sur d’autres médias, sont justement des … adaptations et non des constructions supplémentaires. Je le répète il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, j’essaie simplement de faire le tour de ce que je vois en termes de multimédia dans l’Imaginaire Ludique. Et, de plus, le transmédia s’installe de plus en plus grâce aux facilité d’accès aux différents médias et à l’importance du Storytelling.

Les initiatives qui me plaisent le plus :

Pour continuer sur Games Wotkshop, je vais parler de Space Hulk, un jeu de plateau très sympa sorti dans les années 80, devenu culte pour beaucoup, entre autres parce qu’il n’a jamais été réédité. Il a été adapté en jeu vidéo il y a bien longtemps, adaptation classique du crossmédia à l’époque convertissant un jeu de stratégie en FPS (jeu de tir subjectif). Puis la licence est tombée dans l’oubli jusqu’en 2013 où une nouvelle adaptation sort. On est sur de l’adaptation littérale à la règle près du jeu original. Certes on retrouve l’esprit du jeu, mais ce qui est adapté à un Jeu de Plateau ne l’est pas forcément à un jeu vidéo, et celui-ci apparaît donc assez ennuyeux et répétitif… Qu’à cela ne tienne : l’éditeur prend le problème à bras le corps et sort l’année suivante une nouvelle version qui part des règles de base mais y inclut des notions de RPG et une dose de dynamisme en plus. Cette nouvelle version est elle, un succès.

Je cite aussi un exemple inverse mais proche, Blood Bowl, qui lui propose soit une adaptation stricte des règles soit un mode plus libre, et pour le coup, l’adaptation stricte des règles est bien plus sympathique ! Mais, on apporte aussi des nouveautés grâce à l’introduction de nouvelles races qui n’existaient pas dans la jeu de plateau.

J’apprécie aussi le jeu de plateau XCOM adaptée de la licence éponyme (sans parler de X-Corps JDR, adaptation officieuse, mais très sympa !). Ce jeu de plateau à la particularité de se mixer avec une application smartphone/tablette permettant de suivre les informations de jeu, ou encore via l’application, jouer contre une IA. Le jeu n’est pas encore sorti en France mais je suis assez impatient, cela me paraît vachement intéressant comme concept !

Voilà pour un petit tour d’horizon du trans/cross média, je ne pense pas que ça soit une révolution du J2S mais plutôt une évolution, un chemin à prendre vers de nouvelles interactions ! Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à partager (vous avez les boutons sous l ‘article), à commenter et me suivre (sur WordPress ou les réseaux sociaux à droite). Merci de m’avoir lu ! =)

Guillaume Coeymans 

Pour aller plus loin : 

– http://www.starwars-holonet.com/ : Star Wars Holonet, excellente ressource quasi exhaustive sur l’univers de SW.

– http://fr.lexicanum.com/ : Le Lexicanum, encyclopédie participative des univers Games Workshop

Sources : 

http://gusandco.net/2014/08/12/jeux-de-societe-transmedia-un-top-ou-un-flop/

http://gusandco.net/2014/04/03/tendance-le-crossmedia-lavenir-du-jeu-de-societe/

http://ludovox.fr/crossmedia-et-transmedia-sont-sur-un-plateau/

http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/24006/HERMES_2006_44_33.pdf?sequence=1

http://www.culturecrossmedia.com/strategies-cross-canales/definition-crossmedia/

Financement participe-hâtif ?

J’ai eu l’idée de cet article en parcourant des sites de jeux de société et jeux de rôles. En effet, beaucoup utilisent le financement participatif de nos jours. Certains (comme les Ludopathes) s’en font même une spécialité. J’ai du coup décidé de revenir sur le sujet. Si j’ai voulu écrire cet article, c’est, entre autres, à cause de l’explosion du budget du jeu de plateau Conan qui a récolté pas moins de 2.8 millions de dollars sur un budget de 80.000$ demandés ! Autant sur un jeu vidéo, je peux comprendre que plus on a d’argent, plus on peut faire de choses, mais un jeu de plateau reste moins complexe à créer. La création d’un jeu de plateau ne demande pas presque 3 millions ! Et ce sans compter les ventes du jeu ! Que vont faire les créateurs de tout cet argent ? N’hésitez pas à me faire part de votre avis dans les commentaires =)  Bonne lecture ! 

Financement participatif, de quoi on parle ?

Le Monde explique le financement participatif ou crowdfunding comme étant un moyen pour des épargnants de financer en masse un projet via internet. Concrètement, il s’agit de faire une promesse de don à un projet en échange d’un accès dès la sortie de ce projet et de contreparties exclusives selon l’investissement de base (d’un simple remerciement à des cadeaux très chers). Ce type de financement connaît un certain engouement depuis quelques années, avec des sites comme l’incontournable américain Kickstater, le fleuron européen Ulule  ou KissKissBankBank.

Ces sites permettent à de gros projets d’exister, le cas notamment de l’Occulus Rift. Mieux encore, l’histoire d’un des plus retentissants succès Star Citizen  qui, après avoir atteint 2 millions d’euros (soit plus de 430% du budget demandé à la base), a fini par dépasser les 43 millions d’euros de dons ! Et ce n’est pas tout ! Le jeu vidéo a atteint les 70 millions de budget ! ce qui le met en concurrence avec les jeux Triple A (tels que Battlefield ou GTA).

Alors, bien entendu, tout n’est pas rose dans le monde du financement participatif. Pour des projets comme ceux-là, beaucoup n’arrivent pas à leurs objectifs ou y parviennent tout juste. D’autres abusent du système avec des projets absurdes (voir cet Américain et ses 35000$ pour faire une salade).

Globalement, je suis plutôt favorable au principe (j’ai moi même participé à quelques campagnes) mais je reste prudent quant aux dérives du système et au cadre judiciaire complexe.

 

Imaginaire Ludique et CrowdFunding : Exemples

On arrive donc à ce qui nous intéresse. Grâce à ces financements, des projets de petite ampleur peuvent trouver des fonds pour se lancer et vivre grâce à une base solide de fans. Cela paraît donc un système tout adapté aux jeux de rôles ou jeux de plateau. En effet, les fans peuvent être séduits par un concept et sont prêts à donner un peu pour aider à la publication de leur jeu. L’avantage est que, la plupart du temps, les budgets demandés sont relativement peu élevés (de 1500 à 10000€ en moyenne – même si il y a des exceptions). Comme je le disais plus haut, les Ludopathes (éditeur de jeu de rôle français) se sont spécialisés dans ce type de financement (20 projets en 3 ans). Ils créent du contenu de qualité et améliorent le contenu en fonction des objectifs dépassés (ou non).

Citons aussi Sans Détour-Play & Win qui s’est lancé depuis peu dans le financement de jeux de plateau par ce biais là, comme en témoigne leur projet Fireteam Zero et son étonnant succès.

 Perspectives

Il est intéressant de voir qu’en googlant « jeu de rôle financement » on trouve beaucoup de projets. C’est là que çà commence à sérieusement me gêner: ce type de financement ne doit pas devenir la norme. Je m’explique : il est impensable de voir les boutiques se vider de leurs jeux (mis à part les indétrônables, tels que Donjons et Dragons, Munchkin, etc….) au profit de jeux uniquement disponibles aux souscripteurs. Car au final, si cela se poursuit, que risque-t-il de se passer ? Les éditeurs ne prendront plus le risque de publier un livre ou une boite de jeu, sans compter les frais de distribution et les marges des magasins. Ils feront une campagne de crowfunding et fourniront directement par internet à leurs souscripteurs. Et comme leur communication laisse à désirer (j’en reparlerai plus tard dans un autre article) tout cela sera synonyme de renfermement sur soi et de privation de ventes grand public. J’extrapole, mais pas tant que ça … C’est clairement un risque sur ce domaine.

De même, qu’en sera-t-il de l’innovation si l’on doit toujours se fier à ses souscripteurs, qui plus est quand ceux-ci sont des habitués ? Est-ce que tout cela ne sera pas la porte ouverte à des clones réguliers ? Non, je ne pense pas que ça soit aussi marqué que ça. Par exemple 7eme cercle et son tout nouveau X-Corps reprend un squelette quasi identique d’un autre de leur jeu (Z-corps …) mais en sort un jeu relativement différent. Mais sans passer par le crowdfunding ! Alors qu’ils avaient su publier avant Night’s Black Agent (bel exemple de jeu innovant), toujours sans crowdfunding. Et ces jeux se vendent bien et se passent du crowdfunding.

J’entends les arguments exactement contraires me disant que justement, le financement participatif permet à des jeux réellement innovants et nouveaux de voir le jour. A cela, je réponds: l’imaginaire ludique est un monde de niche où ce genre d’innovation est parfaitement possible sans passer par le crowdfunding – en témoignent les publications d’Oltréé!, Dés de Sang ou Parsely. Ces Ovnis ludiques ne pourraient pas être publiés dans des secteurs plus « classiques » (édition traditionnelle notamment) car trop spécifiques et trop peu de chances d’avoir un grand nombre de ventes.

Là où le financement participatif a sa place, c’est à mon avis dans le « revival » de vieux jeux. Je pense surtout aux anciens jeux qui ont marqué leur temps mais qui, par manque de motivation et de financement, n’ont jamais pu être réédités. Le légendaire In nomine satanas / Magna Veritas (INS/MV) est en plein dans cette phase ou le retour de Saint Petersbourg début 2015. Grâce à cela les aficionados retrouvent leur jeu favori et leur distribution en magasin permet de le faire découvrir aux néophytes.

Je ne pense pas qu’il soit trop tard ou que le débat soit clos, bien au contraire. Il y a beaucoup à faire et plein de bonnes choses à prendre dans le crowdfunding. Mais cela doit se faire en bonne intelligence – au risque de s’égarer.

Merci de m’avoir lu, n’hésitez pas à commenter pour en discuter et à partager afin que le débat soit le plus riche possible ! 

 

Mise à jour 20/02 : 

Le lendemain de la publication de cet article, Sans Détour annonçait un financement participatif pour la 7eme édition de l’Appel de Cthullhu. Pour rappel, ce jeu est l’un des plus gros et plus ancien JDR et l’un des best sellers du genre. La question d’un financement participatif  se pose donc, est il nécessaire ? Sans Détour affirme que ce n’est pas pour gagner de l’argent mais juste pour permettre aux joueurs d’accéder à du contenu exclusif. Dans ce cas, pourquoi ne pas proposer plutôt des pré-commandes ? Certes avec cet éditeur nous avons une certaine garantie de qualité et je ne crie pas à l’arnaque. Cependant je me demande si il fallait vraiment en arriver la, effet de mode ou politique éditoriale ?

 

 

Guillaume Coeymans

 

Sources :

http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/10/11/la-finance-participative-crowdfunding-est-dans-la-place/

http://www.jeuxvideo.com/news/410585/star-citizen-des-records-des-modules-et-des-potes-pour-la-vie.htm

http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/jeu-46472/news/?p=3

http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/28/grand-cimetiere-projets-crowdfunding-avortes-257374

http://frenchweb.fr/le-crowdbuzzing-ou-abus-des-foules/77528

Barbarossa; petites culottes et gros calibre

Ceci n’est pas un jeu érotique !

Comment je me suis retrouvé avec un titre pareil ? Eh bien un peu par hasard, je cherchais un jeu de cartes type « deck building » (où le but est de se construire un paquet de cartes le plus puissant possible). J’errais un peu sur le net, et j’apprends que l’un de mes éditeurs de JDR préféré ( Sans Détour, pour ne pas les citer) s’associe avec Play & Win pour distribuer des jeux. Et parmi les jeux, Barbarossa, un peu naïvement, j’achète le jeu à sa sortie en organisant dans ma tête la prochaine séance de jeu avec mes amis.

Mais lorsque j’ouvre la boîte, quelle n’est pas ma surprise, la majorité des 305 cartes est illustrée par des images de jeunes filles dénudées style manga. Moi qui m’attendais à une imagerie reprenant la seconde guerre mondiale (après tout le but du jeu est de conquérir Moscou, dans un monde imaginaire reprenant les codes de l’époque). Cela éveille le doute dans mon esprit. Un jeu qui se vend sur une image de jeunes filles en tenue légère autour d’armes hautement phalliques, en général, cela ne présage rien de bon…

Cependant, il faut tester le jeu et ne pas s’arrêter à ces a priori. Et bien le jeu est bon, très sympathique ! Un poil complexe au premier abord mais qui s’avère très fluide à jouer et amusant, avec une compétition intéressante entre les personnage. La dimension stratégique est essentielle mais reste parfaitement abordable. Le jeu n’est pas très long et réserve une bonne dose de fun. En revanche, il faut penser à prévenir les joueurs de l’imagerie du jeu et de sa réalité.

Si je vous voulais vous en parler, ce n’est pas par pruderie choquée mais pour le décalage entre le jeu et son imagerie. Quel intérêt pour l’éditeur de créer ainsi un jeu complet et profond pour l’illustrer avec des images, je le dis honnêtement, proche de la beauferie ? Si à chaque fois que je souhaite sortir le jeu avec des amis je dois prévenir qu’il y a des petites culottes mais que le jeu est bon, cela me force à me justifier ! C’est presque ce qu’on appelle parfois sur le net du « clickbait« .

Au delà de ça, je pense qu’il y a un véritable problème de congruence. Si je souhaite acheter un jeu rigolo avec des filles en petite tenue, je risque d’être déçu. Tout comme si je cherche un jeu de stratégie complet, je risque d’être « effarouché » par l’imagerie beauf’ que ça peut dégager. Mais les illustrations sont objectivement de bonne qualité et la mécanique de jeu est bonne. Donc Barbarossa est un bon jeu ! Achetez le si vous en avez l’occasion mais soyez prévenus !

Bon jeu !

Guillaume Coeymans 

 

 

Sources 

http://sans-detour.com/index.php/Play-and-Win/Barbarossa.html

http://www.trictrac.net/jeu-de-societe/barbarossa-3/infos

Jeu de société ou jeu de plateau?

Jeu de plateau ou jeu de société ?

Quelle est la différence ?

Quand je parle de jeu de plateau ou de société, il est nécessaire, je pense, de bien définir de quoi l’on parle.  Si je vous dis jeu de société, vous voyez tous de quoi je parle. Si je vous demande des exemples, vous citerez sûrement « Monopoly » ou « Scrabble » voire avec un peu de chance « Jungle Speed ». En fait, s’agit là de « Grands classiques » c’est-à-dire des jeux de plateaux devenus suffisamment populaires pour être vendus en grandes surface généralistes. C’est là la principale différence avec les jeux de plateaux au sens large. En fait le jeu de société est un cas particulier du jeu de plateau.

Alors pourquoi jeu de plateau ?

C’est une traduction de l’anglais « board game ». Ce terme désigne donc tous les jeux que l’on joue sur un « plateau » ; une table, le sol, etc. … Il en existe toute une pléthore, certains extrêmement simples et d’autres bien plus complexes. On y trouve pêle-mêle des jeux de cartes, de dés, de simulation, etc. … Je ferais plus tard sur ce blog, une typologie plus complète de différentes catégories. Ici je vais essayer de présenter les plus grandes lignes.

Les grandes familles :

Globalement on retiendra 7 catégories :

  • Jeux familiaux
  • Jeux d’ambiance
  • Jeux de cartes
  • Jeux de hasard
  • Jeux de stratégie
  • Jeux combinatoires
  • Jeux coopératifs

Elles ne sont pas exclusives, on peut très bien avoir un jeu d’ambiance et de hasard coopératif. Je vais revenir rapidement dessus :

  • Jeux familiaux: C’est une gamme de jeux assez large dans laquelle on va trouver des jeux aux règles simples et accessibles. En gros, celles-ci tiennent sur l’arrière de la boite de jeu. Elles sont calibrées pour être jouables par le plus grand nombre. C’est l’archétype du jeu dit « de 7 à 77 ans ». On y trouve dans cette catégorie, « Timeline » (Asmodée), Mito (Gigamic) ou encore Splendor (Space Cowboys).
  • Jeux d’ambiance : Ce sont des jeux pouvant être assez proches du « jeu de rôles », leurs règles sont très simples, si ce n’est simplistes et permettent rapidement à un grand nombre de joueur de jouer très vite et de passer un bon moment ensemble quel que soit le but final du jeu. En exemple, on peut citer Le Loup Garou de Thiercellieux (Asmodée), Concept (Repos Production) ou encore Vérone (Ferti Games)
  • Jeux de cartes: Assez logiquement, ce sont des jeux que l’on joue avec des cartes. En général il y en a un grand nombre (nous parlerons plus tard des différents types de cartes, deck building, défausse, etc. …), il n’y a pas spécialement d’autre accessoires que les cartes elles même. Je pense surtout à Barbarossa (Play & Win et Sans Détour), Dominion (Filosofia) et au 6 qui prend (Gigamic)
  • Jeux de hasard : Assez transparents, il s’agit de jeux dont la principale mécanique repose sur le hasard. Que ça soit aux dés ou avec un autre système de jeu. Ce type est particulièrement adapté pour jouer en famille ou avec des gens qui ne connaissent pas le jeu car un joueur expérimenté n’a pas d’avantages particuliers sur un autre. On peut citer notamment Zombie Dice (Edge Entertaiment), Chevaliers de la Table Ronde (Days of Wonder) ou Minivilles (Moonster games)
  • Jeux de stratégie : Ici, pour remporter la partie, il est nécessaire de maîtriser les règles, souvent complexes, pour pouvoir établir la meilleure façon de gagner. Ces jeux sont en générale accessibles qu’à partir d’un certain âge, car leur pratique nécessite une certaine patience et une projection dans le temps. Dans cette catégorie on retrouve Horreur à Arkham (Edge Entertaiment), 7 Wonders (Days of Wonder) ou Space Hulk (Games Workshop)
  • Jeux combinatoires : Parfois appelés « Jeux combinatoires abstraits », ce sont des jeux dont le but est de créer des combinaisons particulières d’éléments sur le plateau. On les dit « abstraits » car ils ne sont pas figuratifs (pas de royaume à sauver ou autre prétexte), il s’agit de pions à déplacer en général. Pour exemple on peut citer Siam (ferti games), Offboard (Asmodée) et Voldétour (Arborel).
  • Jeux coopératifs : Ce type de jeux à une particularité. Le jeu ne se joue pas contre d’autres joueurs mais contre le jeu lui-même (on est assez proches du jeu de rôles aussi). On trouve aussi les jeux semi-coopératifs (ou asymétriques) ou un joueur à un rôles particulier contre les autres. On peut penser à Saboteur (semi-coopéatif de chez Gigamic), Zombies !!!! (Coopératif de chez Edge Entertaiment) et Novembre Rouge (Fantasy Flight Games, jeu coopératif)

Quelques précisions  :

A toutes ces catégories décrites au-dessus, on doit ajouter certains qualificatifs. Il faut préciser si le jeu est Grand Public (accessible à tous facilement), Confirmé (il faut avoir une certaine pratique de ce jeu et des jeux en général pour saisir le fonctionnement, un ou plusieurs tours « à blanc » sont souvent nécessaires) et enfin les jeux Experts (il est nécessaire d’être familier avec l’univers des jeux de plateaux, les livrets de règles peuvent être très complexes et l’apprentissage du jeu peu prendre plus d’une heure, il faut plusieurs parties complètes pour bien saisir les subtilités du jeu).

 

Voilà un petit tour d’horizon de l’univers du jeu de plateau. Au fil du temps j’écrirai des articles pour éclairer certaines parties que je n’ai pas pu développer ici et vous apporterai plus de précisions.

Guillaume Coeymans

 

 

Source :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_soci%C3%A9t%C3%A9

 

http://www.trictrac.net/